« L’écriture est une gestuelle. Mentir en écriture est impossible » (P.K.)
Tu me submerges au moment où je sais… Dépossédée de mes fantaisies, je me déchire en mon intérieur. Ecartelée par cette peur qui m’a toujours collée aux bask dès lors que l’autre doit exister. Je ne sais plus du tout moi-même alors. Dépossédée de moi-même et me laissant choir en la responsabilité que j’incombe à l’autre de supporter ma fragilité. Mes failles se prononcent, je me sens trop vivante, à en hurler ne pouvant plus faire confiance au Nous. Je ne sais ce qu’est le Nous… Le Je et le Tu se confondent et ne laissent pas la place pour se révéler chacun à eux-mêmes…Es-tu mon ami qui un jour peut être ne me regardera plus avec cet oeil neuf et charmé… Je tremble mais ne peux te l’avouer… Tu me condamnerais, j’imagine… Je préfère fermer les yeux et imaginer l’inéluctable… Une réalité n’arrive pas à s’inscrire, tout est figé, incrusté au plus profond de mon âme et je me combats avec moi-même. Amour tu ne peux rien pour moi… Je suis seule et me sens si seule. Si seule… J’ai tant besoin que tu apaises mes craintes. (C.P.)
En dehors du cercle je vois l’empereur mort sur mon matelas au Vietnam. En dehors du cercle il y a la lune qui ronfle en hurlant que l’herbe la dérange. Nous sommes tous en dehors du cercle. (S.D.)
Si ta vérité est un voile, dis-leur ce que tu penses être vrai pour toi. Dis-leur que le voile n’est qu’un tissu transparent que l’on porte pour couvrir le visage afin de n’être vu par personne, alors que la transparence permet de filtrer le monde qui défile sous nos yeux. Que tu sois vrai dans tes propos, ne lâche rien qui puisse te condamner et compromettre ceux qui te font confiance mais donne ta main à couper pour ce que tu considères vrai. (Y.K.)
Quand rien ne va, la prière est le remède de la schizophrénie. (Y.K.)
Mais père, là je ne joue pas la comédie, je suis une rocailleuse, de là-bas et je sais que tu veux communiquer avec ta fille. La pierre ne me fait pas peur. (C.P.)
Je suis les cendres archiconsumées. Non recyclables. Je suis les cendres de notre amour fou à lier. J’ai été liée et je suis devenu folle à lier. Mon cœur était possédé. Tu avais mis la main dessus et l’avait enserré. Je ne sais pas comment on doit être aimée. (C.P.)
Je suis silencieux depuis ma petite enfance. Je ne sais rien et je le revendique. Je suis silencieux devant ce coucher de soleil. Je ne sais rien de ma partenaire. Je suis silencieux devant une femme fatale. Je ne sais rien, rien de rien. Je suis silencieux devant ma porte. Je ne sais rien de cet enfant qui rit. Je ne sais rien depuis que j’ai perdu mon chat. Je suis silencieux devant mon écriture. Je ne sais rien et je m’en balance. Je suis silencieux le matin, l’après-midi je gueule. Je suis silencieux parce que j’aime le silence. Je ne sais rien, je me tais. Je suis silencieux comme un moteur propre. Je suis silencieux dans la vie, Je ne sais rien, je m’en vais. (F.E.)
La vérité n’est pas faite pour être dite. Si vous en avez connaissance, rentrez chez vous, cachez votre petite part de savoir. On paie très cher la connaissance. On vous donne des infos, faut raquer. Tout, ou presque, s’apprend dans la sueur et les tremblements, les larmes qui lavent mon visage ; ce sont des larmes installées ; elles viennent de mon enfance. Elles apparaissent avec les fruits des marronniers, à l’automne, sur le chemin de l’école. Tu vas payer très cher. Tu vas avoir mal. Tout se paie. Je reçois les larmes de ma famille. Des larmes rentrées, d’autres dissimulées. On pleure sur le lait répandu. (P.K.)
On a pris sur nous les souffrances de nos ancêtres dans l’holocauste. On a pris sur nous ce que nous avons perdu. On a pris sur nous les échecs de la vie. On a pris sur nous la peur du lendemain, voire même de l’instant présent. On a pris sur nous la peur de nos enfants pour les assumer. On a pris sur nous toutes les responsabilités. On a pris sur nous de les rejeter. On a pris sur nous de l’initiative de l’amour. On a pris sur nous l’organisation de notre vie. On a pris sur nous des provisions de positif. On a pris sur nous la faute de l’humanité entière. (G.T.)
