Depuis maintenant quelques années la psychiatrie est en crise.
Cette situation, dont on a assez peu de difficultés à identifier les causes, nous confronte à des questions auxquelles on a par contre énormément de difficultés à apporter des solutions.
C’est en adoptant une attitude résolument positive, basée sur l’analyse et la réflexion, que nous parviendrons sans nul doute à trouver les voies du salut. Il ne sert à rien de céder aux atermoiements de ceux qui pensent que la psychiatrie est promise à un avenir qu’ils ne peuvent imaginer que trouble, obscur et semé d’embuches.
Le dossier du numéro 250 de la revue « Soins Psychiatrie » (Editions Elsevier-Masson) s’est penché sur ce qui fait une des richesses de nos pratiques : la « pluriprofessionnalité ».
Le pluriprofessionnalisme n’est pas une invention nouvelle. Il constitue la richesse dont se nourrissent toutes les formes d’entreprise. Cependant, en psychiatrie, la synthèse des particularismes liés à chaque métier du soin peine à trouver un rythme sur lequel appuyer l’action soignante. Les luttes d’intérêts et d’influences inhibent jusqu’à la paralysie l’efficacité de l’action dès sa conceptualisation.
En dépassant les intérêts particuliers liés aux phantasmes du pouvoir de chaque catégorie de professionnels, et en concentrant sur les valeurs du soin, dès sa conception, toute la pensée de ceux qui veulent soigner et soulager la souffrance psychique, nous pourrons inventer, créer et construire un avenir qui porte son attention sur le « sujet ».
Seule cette démarche éthique peut déboucher l’horizon de la psychiatrie et lui donner l’essor intellectuel qui lui fait tant défaut aujourd’hui.
Le pluri-professionnalisme n’est pas le seul atout sur lequel appuyer notre recherche mais il devrait en être une des composantes majeures si nous souhaitons dépasser la crise que nous traversons.
