L’aide-soignant a plusieurs missions en psychiatrie : observer, écouter, tisser une relation de confiance avec le patient, être vigilant et prévenir les risques. L’observation et l’écoute face à la souffrance morale sont la base du travail en psychiatrie.
Observation
L’observation porte principalement sur les propos du patient, sa gestuelle, son regard, son état de stress, d’émotivité...
Écoute
L’écoute, nécessaire dans la conduite des entretiens réalisés en binôme avec un infirmier, a pour objectifs de :
- instaurer un climat de confiance ;
- recentrer l’entretien si le délire est trop envahissant.
Pour une écoute efficace, le soignant ne doit pas :
- craindre les silences ;
- montrer ses craintes ;
- se contredire ;
- répondre immédiatement ;
- répondre à la provocation du patient ;
- sous-estimer ses menaces.
Le patient ne doit pas être jugé ou brusqué.
Tact et persévérance
Tact et persévérance sont nécessaires pour l’aide-soignant au cours des soins d’hygiène dans le contexte de la psychiatrie. Il doit stimuler le patient pour maintenir et développer son autonomie et le convaincre de la nécessité d’une toilette, en mettant en avant le fait que la propreté favorise le rapport aux autres.
Vigilance et surveillance des effets secondaires
La vigilance est de rigueur en cours d’hospitalisation. L’aide-soignant doit rester vigilant sur deux points principaux suite à la prise des médicaments : les troubles de la déglutition et les problèmes de transit intestinaux.
Concernant les troubles de la déglutition et afin d’éviter les risques de fausse route des patients parfois sédatés par le traitement, il est important de privilégier les aliments faciles à mâcher ou mixés.
Concernant les problèmes de transit,il ne faut pas hésiter à questionner le patient et à relayer l’information auprès du médecin pour la mise en place d’un traitement laxatif. Lors des repas, il est préférable d’insister sur le choix d’aliments permettant un meilleur transit ainsi qu’une hydratation suffisante.
D’autres effets secondaires peuvent survenir. Ainsi, l’aide-soignant a le devoir de :
- mettre en garde les patients sur une éventuelle prise de poids (certains traitements neuroleptiques ouvrent l’appétit, par exemple) ;
- prévenir la sécheresse buccale ;
- surveiller l’état de somnolence et de vigilance du malade.
Sécurité
La sécurité du patient doit être assurée, notamment lors d’un isolement. Il s’agit alors d’isoler un patient sous surveillance dans une chambre qui peut être fermée à clé pour protéger le patient de tout danger. À tout moment,le patient doit être rassuré et sa dignité respectée. Le contact avec les soignants doit être maintenu pendant la période de l’isolement avec au moins un passage par heure. La communication peut être verbale ou non-verbale et doit contribuer au bien-être du patient. Il est nécessaire de retirer de la chambre tout objet potentiellement dangereux.
La sécurité du patient doit également être assurée lors de la mise en place d’une contention. Cette dernière constitue un moyen de contrôle physique pour empêcher une personne sur qui on n’a plus de contrôle de se blesser ou de blesser d’autres personnes, de l’empêcher de provoquer des dégâts autour d’elle, et d’empêcher une interruption de ses programmes de traitement et de soins. Pour cela, il est nécessaire de :
- installer le patient en position de repos ;
- s’assurer que les contentions n’entravent pas la circulation sanguine ;
- surveiller les téguments et observer d’éventuels signes pathologiques (oedème, escarre, gonflement des membres...) ;
- pratiquer régulièrement des massages des points d’appui ;
- mesurer les paramètres vitaux ;
- surveiller l’élimination.
Une prise en charge globale
Pendant l’hospitalisation du patient, l’aide-soignant a pour rôle de :
- assurer la sécurité et le soutien moral du malade ;
- préserver l’autonomie du patient ;
- dédramatiser l’hospitalisation ;
- être ferme sur le respect du règlement interne du service.

