L’entretien infirmier
« J’ai mis en pratique mes compétences d’aide-soignant lors d’un entretien infirmier [1] avec Monsieur A. Ce patient était hospitalisé d’office pour acte de violence sur la voie publique, dans un contexte délirant. Il pensait qu’“un complot voulait nuire à ses jours”.Monsieur A. était persuadé que les soignants avaient également l’intention de le tuer. Face à ses propos délirants, l’équipe, par sa cohésion et sa patience, a pu le convaincre d’accepter les soins. Le dialogue rassurant associé au traitement a permis qu’il s’ancre à nouveau dans la réalité. »
La toilette
« La toilette permet un premier contact dans la prise en charge. Je me souviens avoir proposé un bain à un jeune homme schizophrène admis la veille pour une rupture de traitement et une recrudescence délirante. Lors du bain, ma présence s’est voulue discrète mais rassurante. J’ai nommé les différentes parties de son corps pour qu’il les lave, afin qu’il en prenne possession et qu’il en situe les limites. Ainsi, il a pu se détendre et s’apaiser. À l’issue de ce soin, il m’a remercié de l’avoir aidé à faire abstraction, momentanément, de ses hallucinations. »
La mise sous contentions
« La première fois que j’ai effectué une mise sous contentions, j’étais jeune diplômé et je n’avais qu’une vague connaissance de son application. Mais je garde intact le souvenir de Madame Z., qui souffrait d’un délire mystique. Par son comportement, elle se mettait en danger. Lors de la mise sous contentions, elle criait que le diable allait venir la tuer si on l’attachait. Finalement, les contentions, additionnées au traitement, l’ont aidée à s’apaiser et les entraves ont été retirées trois heures après. Ce fut une première expérience assez troublante. Bien que convaincu de l’utilité de la contention, je l’effectue encore aujourd’hui avec une certaine appréhension. »

