Après avoir travaillé pendant plusieurs années à partir d’un planning établi sur la base de 8 heures quotidiennes, l’ensemble de l’équipe soignante dont je fais partie a souhaité travailler sur un roulement de 12 heures par jour.
Ce changement ne se résume pas simplement à travailler plus longtemps et moins souvent, c’est l’organisation globale qui a dû être repensée. Ainsi, il fallait planifier et assurer sur une même journée les activités auparavant accomplies par deux équipes.
Cette réorganisation a permis de redéfinir à la fois les tâches de chacun et les priorités de la fonction de soignant. Nos actions ont donc été recentrées sur les patients et cela a permis de relancer une dynamique d’équipe.
Qualité de la prise en charge et continuité des soins
Le point fort d’un planning en 12 heures est qu’il permet d’assurer la continuité des soins et d’optimiser la qualité de la prise en charge dans sa globalité. Mon activité d’aide-soignant couvre la plage horaire de 8 heures du matin à 20 heures. Il m’appartient d’organiser ma journée non seulement en fonction des impératifs du service, mais aussi et surtout en prenant en considération le rythme de vie du patient. Si un patient est trop fatigué au lever, je lui propose de reporter sa toilette en fin de matinée ou même mon aide pour un bain dans l’après-midi, sans aucune incidence négative dans sa prise en charge journalière.
Lorsque je travaillais 8 heures par jour, il était impensable de laisser certains soins à l’équipe du soir, notamment les toilettes. Cette nouvelle gestion des heures de travail nous autorise à consacrer plus de temps aux patients, notamment ceux qui se trouvent le plus en difficulté, à renforcer notre observation et à établir avec eux un dialogue pertinent afin d’affiner nos tâches. L’amélioration de l’individualisation des soins apportés aux patients est donc possible.
Les patients comprennent vite que le personnel soignant travaille “en 12 heures”. Pour certains, il est rassurant de savoir qui va les accompagner tout au long de la journée. Dans ce contexte, il m’est plus facile de reporter la demande d’un patient si celle-ci ne me semble pas prioritaire par rapport à d’autres.
Les transmissions orales entre équipes du matin et du soir ont été supprimées. Ce gain de temps rend possible des transmissions écrites plus fournies et détaillées qui seront exploitables par nos collègues de repos, dès leur retour. Cela permet une continuité des soins encore plus efficace.
Gestion du temps et organisation du travail
Cette organisation du travail permet de gérer les urgences plus sereinement. Nous agissons moins dans la précipitation et plus dans la concertation d’équipe. Ce roulement évite également aux soignants la fatigue due au changement de rythme.
Certes, les journées de travail sont denses, mais pour ne pas accumuler une fatigue excessive, nous ne travaillons pas plus de deux jours consécutifs, qui sont suivis de deux ou trois jours de repos.
Malheureusement, ce système mis en place il y a trois ans ne permet pas de pallier le manque d’effectif toujours d’actualité.
Conclusion
Je ne souhaite pas revenir en arrière car le travail en 12 heures me laisse une plus grande liberté d’organisation dans mes actions professionnelles, plus de temps pour me consacrer à chacune d’elles et ainsi travailler avec moins de stress.
Dans l’idéal, un planning de 12 heures travaillées par jour doit tenir compte de la spécificité de chaque service et ne peut s’effectuer que sur la base du volontariat des soignants

